
Durant la semaine du 27 mai au 1er juin 2024, l’équipe de consultants qui appuient le CUEP dans l’élaboration de son plan stratégique et du plan d’actions était au Bénin pour une deuxième mission. Durant leur première mission en février, ils avaient conduit de nombreux entretiens individuels et de groupes avec les représentants des principaux secteurs de l’économie dans lesquels les formations universitaires professionnelles courtes sont attendues. Les constats sur les besoins en formation ont fait l’objet d’une note d’analyse et état des lieux qui a été largement partagée.
Une démarche de travail participative
En prélude à leur arrivée, les 29 membres du comité technique multisectoriel ad hoc d’élaboration de la stratégie du CUEP mis en place avaient pris connaissance de cette note et des premières orientations qui en découlent lors d’une présentation en ligne par les consultants puis lors de sessions intensives de travail en présentiel du 21 au 23 mai durant lesquelles les constats et propositions de 10 secteurs ont été analysées et amendées. Les participants ont tout particulièrement travaillé à compléter le panorama des formations techniques (avec ses lycées techniques, écoles de métiers, licences professionnelles) dans lequel les IUEP s’intègrent et apportent une contribution singulière.
Une confirmation de six secteurs d’implantation des IUEP pour la période 2025-2030
Durant cette deuxième mission, les consultants ont affiné les diagnostics sectoriels dans les domaines qui se dessinent déjà comme prioritaires au vu de la demande pour des métiers postbac des secteurs (l’agriculture et l’agroalimentaire, le tourisme et l’animation socio-culturelle, la maintenance industrielle, les énergies renouvelables, le textile, le numérique) et ceux encore insuffisamment cernés durant la première mission (le bois, les métiers du conseil de gestion et de la vente). Quatre réunions de groupe sectoriel ont été conduites et des visites d’instituts de formation et d’entreprises impliquées dans la maintenance industrielle et le textile. A la suite de ces entretiens, l’urgence de la demande des secteurs pour des formations en IUEP est confirmée sauf pour les métiers du bois où la demande pourrait être déjà satisfaite avec l’école des métiers du bois et de l’aluminium.
Comment passer à l’échelle le prototype de formation développé à l’IUEP de Djougou
Les consultants ont poursuivi leurs travaux sur les modèles de gouvernance et de financement des instituts. Il est question de mettre le CUEP en capacité d’apporter une réponse rapide aux besoins en formation des entreprises, y compris par le biais d’une offre de formation continue, en particulier en faisant fonctionner les différentes instances de concertation prévues, tout en renforçant les capacités internes d’ingénierie de formation. Les formations en IUEP, qui se font en petits effectifs avec 70% de pratique et en alternance entre entreprises et plateformes technologiques de haut niveau dans les instituts, sont plus coûteuses que dans les filières de formation universitaires à grands effectifs. Si les partenaires techniques et financiers sont prêts à appuyer le Bénin dans ses efforts d’investissement tant matériel qu’immatériel, les charges de fonctionnement incomberont à la communauté nationale. Comment ces coûts vont-ils se répartir entre les apprenants et leur famille, le budget national, les employeurs (via des contributions directes et des taxes professionnelles) et les unités d’application des instituts qui en détiendront ? La décision est tout d’abord de nature politique et influencera l’accessibilité des bacheliers des familles moins aisées à ces formations. Mais les apprenants et leurs familles doivent aussi pouvoir faire leur calcul : en combien de mois le coût d’une formation qui permet d’insérer en sortie plus de 90% des apprenants, qu’ils deviennent salariés ou auto-entrepreneurs, sera-t-il récupéré ?